Buvez-vous l'eau du robinet ?
Par Obusass le Mercredi 10 mars 2010, 17:00 - eau potable - Lien permanent
Après la campagne lancée en juin dernier par WWF et le médecin David Servan-Schreiber pour alerter sur la nocivité de l'eau du robinet et notamment le caractère dangereux pour les malades atteints d'un cancer, plusieurs instances institutionnelles et organisations scientifiques ont infirmé ces dires. Qui devons-nous croire ?
Au mois de juin dernier, le médecin David Servan-Schreiber, associé au directeur scientifique de WWF, a lancé une campagne pour alerter sur la nocivité de l'eau du robinet. Il s'agissait d'alerter l'opinion sur la présence anormale de résidus de pesticides et de nitrates dans les rivières et nappes phréatiques de certaines régions françaises. Leurs préconisations incitaient ainsi à faire attention à l'eau donnée aux bébés ainsi qu'aux personnes malades ou âgées. Ils pointaient également la présence de plus en plus de résidus de médicaments anticancéreux, d'antibiotiques, d'hormones contraceptives ou d'antidépresseurs dans les réseaux d'eau potable. Même si ces doses, au robinet, sont à priori extrèmement faibles, ce mélange de substances serait néfaste aux personnes fragiles, affectées d'un cancer. Ils préconisent ainsi l'utilisation des eaux en bouteille et des carafes munies de filtres.
Alors, info ou intox ?
Quelques semaines plus tard, un communiqué conjoint de l'Académie Nationale de Médecine, de l'Académie Nationale de Pharmacie et de l'Académie de l'Eau ont dénoncé les propos du médecin en affirmant qu'ils relevaient à la fois d'un déni de la science, d'un mépris de la médecine et d'une atteinte au respect des patients atteints d'un cancer. En effet, ces hypothèses seraient fausses. Même si personne ne contredit le fait que les ressources en eau sont exposées à diverses contaminations, la France se situe dans un cadre règlementaire très rigoureux par rapport à d'autres pays, fondé sur des normes européennes, des contrôles réguliers, des agences sanitaires et surtout des filières de traitement très performantes. L'eau du robinet est très surveillée et constitue l'un des produits alimentaires le plus sûr. Même s'il arrive que le dépassement des normes soit possible, le seuil de dangerosité est fixé bien au-delà. Il serait ainsi possible que les propos de ce médecin soit très loin de la science mais serve plutôt les interêts des géants publicitaires et des vendeurs d'eau en bouteille.
Voir le communiqué "Faut-il déconseiller l'eau du robinet en cas de cancer ?"
Enfin, notons que 85% des français ont confiance dans l'eau du robinet, selon le baromètre réalisé en décembre 2008 par TNS Sofres pour le Centre d'Information sur l'Eau (Cieau). L'eau du robinet serait ainsi le produit alimentaire le plus surveillé. En effet, trois millions de contrôles sont effectués chaque année avec la recherche de 56 substances en fonction de normes élaborées par l'Europe et l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Et si l'on parle de pesticides, n'en trouve-t-on pas davantage dans les fruits et les légumes ?
Agissons ensemble pour l'eau
Commentaires
Depuis peu de temps igepac mène une enquête sur la qualité de l'eau du robinet à la suite de lectures d'articles qui nous affirmaient que l'eau est extrêmement surveillée et toujours sans aucune preuve.
"dans un cadre règlementaire très rigoureux" : plus en ville qu'à la campagne, la loi est ainsi faite.
"des contrôles réguliers" oui mais pas les bons contrôles.
"et surtout des filières de traitement très performantes" qui commencent à voir le jour.
Actuellement les villes prennent l'eau des rivières : comment sont filtrés les produits chimiques de synthèse, sont-ils tous piégés ? Et ceux qui restent ... .
Ne pas affoler mais informer, tel est le but d’igepac.
L’eau est le seul produit alimentaire dont la réglementation oblige à informer le consommateur sur la nocivité des produits qu’il ne doit pas contenir. C'est cette non-information qui oblige à rester très prudent et méfiant. Le consommateur veut savoir ce que son produit contient, et ça c’est une toute autre politique à concevoir.
Pierre PETIT