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Synthèse de la réunion publique du 4 octobre 2007 sur " l'audition des acteurs de l'épandage des boues "
05 octobre 2007 - Catégorie : Synthèse
Cette réunion avait pour thème principal : les boues produites par l’usine d’Achères (78).
Chaque année, environ 40 000 tonnes de boues sont produites par la station d’épuration Seine aval. 60% partent en filière de valorisation agricole et 15% vont en compostage. L’excédent, qui est constitué de boues conformes pour une revalorisation agricole mais qui n’a pas trouvé de plan d’épandage, part en centre d’enfouissement technique. C’est aussi là que sont envoyées les boues non conformes. Etant donné que la boue n’est pas un déchet ultime, c’est-à-dire qu’elle est encore valorisable, elle ne devrait théoriquement pas finir dans ces centres. C’est la raison pour laquelle le SIAAP souhaite ajouter une filière de valorisation énergétique à la filière de valorisation agricole déjà existante à Seine aval. Elle permettrait d’utiliser les boues sous forme de combustible dans des centres à l’extérieur du site. L’incinération faisant l’objet d’un rejet massif de la part des français, le SIAAP a refusé cette solution. Mais ceci aura plusieurs conséquences comme : un accroissement de la complexité de la refonte, l’obligation d’aller vers beaucoup de filières de traitement, des surcoûts, etc. Pourtant, contrairement aux ordures ménagères, les boues sont de qualités plus constantes, ce qui permet d’avoir une garantie de résultat en ce qui concerne les émissions dans l’atmosphère. D’ailleurs certains pays européens ont opté pour cette solution.
L’épandage est réglementé par un décret de 1997 et un arrêté de 1998. Ceux-ci s’expriment notamment sur la présence d’éléments de traces métalliques (ETM) couramment appelés métaux lourds (plombs, mercure, cuivre, etc…). Cette réglementation régit aussi le moment (printemps, automne) auquel doit se faire l’épandage selon les cultures. Cependant, selon certains, ils commencent à se faire ancien, voir même obsolètes.
Pour répondre aux contraintes imposées par ce décret et cet arrêté, chaque semaine, 1200 morceaux de boues sont prélevés et envoyés à un laboratoire extérieur (actuellement le laboratoire Pasteur de Lille) afin de déterminer si les boues sont conformes ou non par rapport à la réglementation. Une année standard, il y a environ 2% de boues non conformes, ce qui équivaut à la production d’une ou de deux semaines maximum. Cependant, le SIAAP a récemment connu deux années noires. En 2004 et en 2006, respectivement 27% et 20% des boues étaient conformes. Durant ces deux années, le SIAAP à connu des pollutions d’une importance jamais vue jusqu’alors à cause d’un seul micropolluant : le PCB.
Le choix des parcelles pour épandage est très encadré. Des contrôles sont faits, et les services de l’Etat détectent les parcelles qui ne sont pas conformes et les éliminent.
Les boues de l’usine Seine aval, apportent aux plantes du phosphore, de l’azote, du calcium et du magnésium. Du fait de leur traitement, elles contiennent peu de matière organique. Cependant après la refonte il y aura un nouveau traitement des boues qui permettra de moins diminuer la teneur en matière organique que ce qui est fait actuellement.
Ces boues sont distribuées gratuitement sous le nom de Fertifond P. L’épandage et les analyses sont aussi effectués gratuitement. La chambre d’agriculture a déclaré que le Fertifond P est une présentation fallacieuse du déchet et a demandé le retrait de cette appellation. En effet, selon elle, c’est un moyen de faire passer un déchet pour un engrais. Il y aurait donc tromperie sur la marchandise. De plus, la réglementation précise que l’on ne peut pas apporter sur 10 ans d’épandage un flux cumulé de métaux supérieur à tant de milligramme par mètre carré. La chambre d’agriculture a donc fait une étude au cours de laquelle il a été déterminé qu’au bout de 2,6 épandages les seuils limites était atteint sur 10 ans. Ceci s’est révélé être en adéquation avec l’action du SIAAP, qui, sur une période de 10 ans, ne fait que 2 à 3 épandages sur une même parcelle. Par ailleurs, le Fetifond P est très riche en phosphore. Donc, afin de ne pas saturer les sols par cet élément, l’épandage est passé de 16 tonnes de boues par hectare en 2000-2001 à 10 tonnes en 2007.
Le coût d’une tonne de boue à la sortie de l’usine est de 500 euros. Cela regroupe toute l’énergie nécessaire pour la faire, c’est-à-dire l’énergie électrique, l’amortissement du matériel, etc. En ce qui concerne les filières d’élimination, pour l’épandage agricole le coût est de 60 euros la tonne, pour le compostage c’est environ 20% de plus et pour le centre d’enfouissement technique c’est 70 euros la tonne au dernier marché.
L’épandage ne se fait pas à plus de 200 km maximum de l’usine. Il n’a pas été constaté d’accumulation dans les organes de récolte des plantes, c’est-à-dire dans la partie qui va être consommée. Cependant, ce sont des résultats obtenus d’une année sur l’autre. Aucune étude n’a été faite sur la durée. Or ces boues contiennent des éléments qui ne peuvent s’éliminer naturellement. Il y a donc un processus cumulatif. Les conséquences sur 20 ou 30 ans, sur la nature, les sols, les nappes phréatiques ou encore les hommes, sont inconnues. Néanmoins, jusqu’à présent, aucun rapport scientifique effectué en France et en Europe n’a montré que l’épandage pouvait polluer les nappes phréatiques, par exemple. Et dans la plaine de Pierrelaye, aucune pathologie en relation avec l’épandage des boues n’a jamais été mise en évidence. Il a été remarqué que les boues de la station d’épuration de Seine aval étaient plus polluées que celles d’autres stations. Cela est du au process qui concentre d’un facteur 6 les ETM et tous les micropolluants en général. Malgré cela sur les sept éléments traces métalliques (ETM) que l’arrêté du 8 juin 1998 demande de suivre, tous sont en dessous du seuil de concentration. Ainsi, le mercure est à 2,3 alors que le seuil est à 10 ; le plomb est à 65 milligrammes alors que la barre est à 800 et le cuivre est à 480 pour un seuil de 1000. De plus, les boues produites par l’usine de Seine aval sont dépourvues de pathogènes, car elles sont cuites sous une pression de 20 bars et à une température de 195°C pendant 45 minutes. Elles sont également chargées en matière organique. En effet, La méthanisation des boues, qui procure au SIAAP une autonomie énergétique de 70%, prélève presque la moitié de la matière organique. Et un traitement des boues prélève encore 35 ou 40% de ce qui reste. Après la refonte, il y aura plus de matières organiques et donc la teneur en éléments traces diminuera de 20 à 30%. Mais de tels résultats ne sont pas encore garantis.
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