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Synthèse de la réunion publique du 23 octobre 2007 sur " l’audition des acteurs et usagers de l’estuaire de la Seine "
23 octobre 2007 - Catégorie : Synthèse
Lors de ce débat, plusieurs thèmes ont été abordés.
Les nitrates
Actuellement il y a une teneur assez forte en nitrate dans la Seine du fait des activités agricoles et des rejets des stations d’épuration.
En 2007, le SIAAP a construit, sur le site de Seine aval, une unité de nitrification totale des effluents et de dénitrification partielle (30% des effluents sont dénitrifiés). Elle permet d’éliminer l’azote ammoniacal – aussi appelé ammoniaque – à hauteur de 91-92%. La quantité d’ammoniaque déversée en Seine par Seine aval a ainsi été divisée par 10. Aujourd’hui, l’ammoniaque est éliminée à plus de 90% sur toutes les stations d’épuration du SIAAP. Pour les nitrates, toutes les usines sont conformes sauf à Seine Amont qui est à 65% au lieu d’être à 70%, mais cela va s’améliorer.
L’élimination de l’azote ammoniacale est très importante car c’est elle qui est responsable de la désoxygénation. Lorsqu’il n’y avait pas de nitrification à Seine aval, l’ammoniaque était rejeté en Seine. Cette forme réduite de l’azote consommait de l’oxygène afin d’être oxydée en nitrate. Par l’amélioration du traitement de l’eau, il n’y aura presque plus de rejet d’ammoniaque. Par conséquent, le taux d’oxygène va remonter dans la rivière. Par contre, la dénitrification naturelle qui pouvait s’y opérer avant ne se fait plus. Le SIAAP est donc maintenant obligés de la faire lui-même.
Toutefois, malgré les efforts effectués sur les stations d’épuration, il n’y a pas d’impact décisif de la teneur en nitrate de la Seine. Pour avoir cet impact, soit la Directive Eaux Résiduelles Urbaines (qui impose l’élimination de l’azote à 70%) est insuffisante et il faudra l’augmenter. Soit il faut des normes sur la gestion des engrais et autres produits pour faire en sorte qu’il y ait de moins en moins d’apports.
La Directive Cadre Européenne
Elle n’indique plus les caractéristiques du rejet mais énonce que l’eau qui va recevoir les rejets doit atteindre une qualité appelée le « bon état ». C’est à partir de la morphologie de la rivière, de son débit, de l’importance des apports qui y sont faits, que pour chaque station d’épuration vont être décidées les qualités de rejets qui devraient permettre à terme de respecter cette Directive Cadre Européenne.
L’impact microbiologique
Une étude de l’impact microbiologique – c’est-à-dire des virus, des bactéries et des parasites – des stations d’épuration sur le fleuve va démarrer dès 2008. Elle mesurera des bactéries, des virus, etc. Cette étude, qui durera plusieurs années, est évaluée à 540 000 euros. Elle permettra au SIAAP d’acquérir de nouvelles données sur les micro-organismes. Par ailleurs, le SIAAP a demandé que lui soient indiquées les voies qui lui permettraient d’obtenir des résultats en matière de microbiologie sur le fleuve.
Les substances émergentes
Des études ont déjà été faites sur les rejets de produits médicaux. Ils ont révélé la présence de molécules à l’entrée et à la sortie des stations d’épuration du SIAAP. Toutefois, il est très compliqué de connaître l’impact que peut avoir un médicament sur le milieu naturel, car dans les eaux que l’on rejette, il y a plusieurs molécules en même temps. Ils peuvent donc interagir entre eux.
Le SIAAP travaille avec l’Université Paris Sud, la Faculté de Pharmacie et avec l’ensemble de ses partenaires du domaine de l’eau usée et potable en agglomération parisienne, sur les substances émergentes et sur les médicaments. Il s’agit non seulement d’obtenir des données, mais aussi, de chercher les pistes qui pourraient permettre de limiter ces matières.
Les boues
Le SIAAP suit de près la qualité des boues. Ils ont une certification 9000 pour leur fabrication, et une Certification de Qualité de Services sur 33 points pour leur production et leur épandage. Les boues issues du traitement des eaux ne partent en valorisation agricole qu’après avoir obtenu les résultats des analyses faites par un laboratoire indépendant : le laboratoire Pasteur de Lille. De plus, aucune analyse de l’INRA n’a montré de transfert entre le sol et le végétal, de micropolluants contenus dans les boues. En outre, la réglementation est très précise sur la nature des sols qui peuvent ou non recevoir des boues. Ainsi, l’hydrogéologue qui participe aux CODERST (les Commissions Départementales d’Evaluation des Risques Sanitaires et Technologiques) est très vigilant et fait souvent retirer des parcelles lorsqu’il y a des doutes sur des natures de sols. Il y a aussi une enquête publique qui est effectuée avant l’épandage.
La méthanisation des boues, qui existe depuis près de 40 ans à l’usine d’Achères, sera maintenue par le projet de refonte. En effet, elle permet de produire 70% de l’énergie de Seine aval. La valorisation agricole sera également maintenue et la valorisation énergétique des boues sera envisagée.
Le SIAAP a participé à la mise au point d’un procédé de valorisation des boues en matériaux de construction céramique. Habituellement, les matériaux de construction allégés se fabriquent en utilisant des produits argileux et une source énergétique telles que les pneus, qui, en brûlant, dégagent des gaz permettant d’expanser les matériaux et donc d’arriver à un matériau léger. Là, l’apport énergétique serait remplacé par les boues. Cependant, c’est un nouveau procédé. Avant que le SIAAP ne s’engage dans cette voie, il lui faut des garanties.
Le SIAAP réalise une expérimentation avec l’ONF sur « les taillis à courte rotation ». Les végétaux sont « nourris » par quelques épandages de boues. Ils seront ensuite broyés pour aller dans les chaudières. La plantation a commencé en 2005, le SIAAP n’a donc pas encore de retour.
Les rejets
L’objectif du SIAAP est 0 rejet par temps sec et temps de pluie. Toutefois, dans ce dernier cas, la Directive Cadre autorise un déversement tous les six mois. Pour atteindre cet objectif, le SIAAP travaille sur la rétention et le traitement des eaux pluviales. Un vaste programme de construction de réservoirs sur l’ensemble du réseau géré par le SIAAP a ainsi été mis en place. Il y a actuellement près de 1 million de mètres cubes de stockage possible. Ces ouvrages restituent ensuite aux usines les eaux accumulées pendant les épisodes pluvieux.
La radioactivité
Une expérience a été menée par l’ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest) dans le district du Grand Caen pour acquérir des connaissances sur la radioactivité artificielle du littoral et sur le fonctionnement des stations d’épuration. Ils ont analysé ce qui entrait dans la station et qui provenait de centres de traitements anticancéreux. Dans une station qui gère 30 communes et 270 000 habitants, il entrait 1000 à 15 000 fois ce qui sort chaque année en iode 131 de la centrale nucléaire de Nogent. A la sortie de l’usine d’épuration, il y a encore de l’iode 131. En effet, elle ne va pas traiter ces radioéléments en tant que tels. Au vu des résultats de cette étude, l’ACRO s’interroge sur la qualité des eaux, des boues, et sur le rejet potentiel dans l’atmosphère d’une partie de l’iode 131 lors de l’incinération des boues.
Le SIAAP a signifié qu’il ne contrôlait pas la radioactivité des eaux qui arrivent sur leurs stations, ni de celles qui en sortent. Cependant, il pense que lorsque l’eau est traitée, les particules radioactives sont éliminées et vont se retrouver dans les boues. A Seine aval, les boues ont un temps de séjour d’au moins deux mois avant de partir en valorisation. En deux mois, le taux de radioactivité peut être divisé par 1000 grâce à la demi-vie (temps mis par une substance pour perdre la moitié de son activité radioactive) de ces produits qui est d’environ huit jours. En outre, lors de l’incinération et quand les cendres ou les boues sont mises en décharge, il y a des portiques qui permettent de déceler les matières radioactives. Ainsi, il n’y a jamais eu de détection de radioactivité dans les sables du SIAAP qui sont pourtant envoyés dans un centre de traitement dans lequel il y a des portiques.
Du fait de l’existence de la centrale nucléaire de Nogent sur Seine, les distributeurs d’eau ont un système d’alarmes avec des balises permettant d’avoir un contrôle permanent du niveau de la radioactivité de la Seine. Lorsqu'il y a un problème, les usines d’eau potable sont fermées, les prélèvements en Seine sont arrêtés et c’est la Marne et l’Oise qui prennent le relais. A ce moment-là, on laisse passer le flux polluant à travers l’agglomération parisienne.
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