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Synthèse de la réunion publique du 2 octobre 2007 sur " l'audition des riverains et des salariés "
02 octobre 2007 - Catégorie : Synthèse
Le projet de refonte de la station d’épuration Seine aval s’inscrit dans le cadre du schéma directeur de l’assainissement de l’Ile-de-France, dont la révision a été approuvée en avril 2007 par un comité de suivi.
Le schéma directeur du SIAAP a retenu trois orientations :
- Le traitement des eaux de pluie au plus près des sources de rejet.
- L’optimisation des moyens épuratoires et des capacités du réseau d’assainissement.
- La poursuite de la déconcentration de Seine aval par la construction ou l’extension d’autres usines. En 2011, l'application des normes de rejet définies par la Directive "Eaux Résiduelles Urbaines" (DERU) de 1991.
Et il devra faire face à deux échéances :
- En 2011, l'application des normes de rejet définies par la Directive "Eaux Résiduelles Urbaines" (DERU) de 1991.
- La réduction de la capacité de Seine aval à 1 500 000 m3/jour en 2015 par l’extension de la station Seine Grésillons à Triel-sur-Seine (78), par la création de l’usine de La Morée au Blanc-Mesnil (93) et par la réduction des eaux claires parasites permanentes (eau de nappe qui s’infiltre, réseaux d’eau potable qui fuient, etc).
Dans ce contexte, la refonte est principalement due à deux choses :
- La réglementation européenne avec notamment la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) de 2000 qui impose le bon état écologique des fleuves et des rivières d’ici 2015. Cette dernière induit non plus une obligation de moyens, mais de résultats.
- La nécessité de remettre à niveau les installations de cette usine qui a été construite en 1940 afin, par exemple, de réduire les nuisances olfactives et pour permettre une meilleure exploitation su site.
La refonte de Seine aval, qui est la deuxième station d’épuration au monde après celle de Chicago aux Etats-Unis, devrait débuter vers la fin 2009 et se terminer en 2017. D’après une « estimation de l’administration », elle coûtera environ 800 millions d’euros et la mise en conformité à la DERU est estimée entre 200 et 250 millions d’euros. Ces travaux seront financés par la capacité d’autofinancement du SIAAP, une aide de l’Agence de l’Eau Seine Normandie et par une aide de la région Ile-de-France.
Dans le cadre de la Directive Eaux Résiduaires Urbaines (DERU), la réglementation européenne doit être respectée jusqu’à un « débit de référence » qui prend en compte les pluies non exceptionnelles. Après traitement statistique, il a été déterminé que ce débit de référence – qui doit répondre à 95 % des situations en temps de pluie – est de 2 300 000 m3. Les 5% restant correspondent aux moments où il y a plus de 2 300 000 m3 qui arrivent à la station d’épuration. Cependant, la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) impose des exigences plus importantes afin de préserver le milieu récepteur. Pour les respecter, le SIAAP a donc choisi de réduire le débit à 1 500 000 m3/jour. Donc, même si en temps normal l’usine Seine aval traitera 1 500 000 m3/jour dans le cadre de la DCE, elle pourra traiter jusqu’à 2 300 000 m3/jour dans des circonstances non exceptionnelles afin de respecter la DERU, voir même jusqu’à 2 900 000 m3/jour pour les pluies exceptionnelles.
Une fois cette réduction de débit réalisée, le maximum des efforts effectués dans ce domaine sera atteint. En effet, la seule solution restante pour diminuer la capacité de l’usine Seine aval serait de construire une usine de 90 000 m3/jour à Clichy, une autre de 35 000 m3/jour à La Briche, et l’extension de la station Les Grésillons pour atteindre une capacité de 600 000 m3/jour. Mais du fait du haut niveau d’urbanisation, il n’y a plus les espaces nécessaires pour construire.
Pour pouvoir maintenir un débit de 1 500 000 m3/jour même en temps de pluie, le SIAAP compte investir dans les 15 prochaines années, 1,2 milliards d’euros, dans la construction de plusieurs usines de dépollution des eaux pluviales. Cependant, l’imperméabilisation des sols en région parisienne augmente chaque année d’au moins 0,2%. Pour chacune de ces augmentations, le SIAAP doit investir 1% de plus dans des travaux pour obtenir le même résultat au niveau de l’épuration. Pour résoudre ce problème des eaux de pluies, il faudrait appliquer des solutions alternatives comme des chaussées poreuses ou encore les toitures réservoirs.
Un des autres objectifs du SIAAP est la valorisation des boues. Actuellement, la majorité des boues (72% pour l’année 2007) produites par l’épuration des eaux usées dans l’usine Seine aval, part en valorisation agronomique (filière agricole et expérimentations en sylviculture). Et les boues qui, bien que conformes, ne trouvent pas de plan de valorisation agricole, partent en centre d’enfouissement technique de classe 2. Mais il arrive, comme en 2006 par exemple, d’obtenir des boues non conformes, qui partent alors toutes en centre d’enfouissement technique. Afin de remédier à ce problème, le SIAAP veut mettre en place une seconde filière. L’incinération faisant l’objet d’un rejet de la part des français, cette solution est exclue. Une des possibilités à envisager est la valorisation des boues sur le plan énergétique après leur avoir fait subir un séchage thermique. En effet, la boue a encore un pouvoir calorifique, elle pourrait donc être utilisée comme combustible par des entreprises telles que les cimenteries.
De nombreuses préoccupations ont été exprimées par les riverains lors de ce débat.
La première est le problème des odeurs. Effectivement, jusqu’à présent, 20% des odeurs n’étaient pas traitées à Seine aval du fait des conditions d’ouvrage qui ne le permettaient pas. La refonte permettra de mettre en place des technologies permettant de limiter les nuisances olfactives pour atteindre zéro odeurs en 2011 dans le cadre de la DERU.
Ensuite vient la question des risques sanitaires. Le fait de vivre près d’une station d’épuration n’induit-il pas des risques supplémentaires pour la santé ? Une étude à été faite sur le sujet aux Etats-Unis. Elle a montré qu’il n’y avait pas d’émergence particulière de pathologies dans la population des agents de la station d’épuration par rapport à une population témoin. Cependant, le SIAAP reste vigilant et lancera une étude épidémiologique sur l’ensemble de l’usine et sur le périmètre des communes riveraines en liaison avec l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail dès le début de l’année 2008. De plus, les contacts toxiques liés aux gaz émis sont infiniment faibles car les gaz à risques sont confinés, traités, désodorisés et débarrassés des molécules dangereuses. Par ailleurs, très peu d’aérosols sont produit à Seine aval, et des études ont montré qu’au bout de 100 mètres, l’atmosphère n’a pas plus d’aérosols et de micro-organismes qu’une atmosphère à 3 ou 4 km de là, car les micro-organismes sont très sensibles à la dessiccation et meurent. En ce qui concerne les agents travaillant au sein de la station, le SIAAP à pour volonté de faire en sorte que la concentration en produits toxiques dans l’air là où les agents travaillent, soit inférieure aux valeurs préconisées par l’INRS concernant les valeurs moyennes d’exposition ou les valeurs maximales d’exposition.
Enfin, des préoccupations ont été émises à propos des eaux noires et mousseuses qui peuvent être aperçues à la sortie de la station. Au cours de l’épuration de l’eau, une réaction appelée « réaction de Maillard » se produit. Elle aboutit à la formation de molécules très complexes de couleur noire. Effectivement, ces molécules absorbent le bleu et le vert du rayonnement solaire, et l’eau absorbe le rouge et le jaune. L’absence de lumière donne du noir. En ce qui concerne la mousse, plus l’eau est débarrassée de matières en suspension, et donc mieux elle est épurée, et plus elle moussera facilement si elle contient des agents tensioactifs. Ces derniers – contrairement aux matières en suspension qui cassent la mousse – permettent le moussage. Ils se retrouvent dans la lessive, qui ne peut être totalement éliminée lors du traitement de l’eau, et sont produits de manière naturelle par les bactéries. Des dispositifs ont été mis en place en sortie de station pour abattre la mousse.
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