Agissons ensemble pour l'eau

agence de communication : Ultra-Fluide

Accueilactualités

Synthèse de la réunion publique du 11 octobre 2007 sur " l'audition des riverains et des salariés "

12 octobre 2007 - Catégorie : Synthèse

Lors de cette réunion, plusieurs thèmes ont été abordés par les riverains, les associations, les élus ou encore les salariés.

L’ouverture du SIAAP

Le Syndicat Interdépartemental de l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne (SIAAP) à été crée en 1970 par arrêté du Ministère de l’Intérieur. C’est une collectivité territoriale dont la compétence est définie par l’article 63 de la loi sur l’eau de décembre 2006.

Pour des questions historiques, il est géré par un Conseil d’Administration composé de conseillers généraux de Paris (75), des Hauts-de-Seine (92), de Seine-Saint-Denis (93) et du Val-de-Marne (94). Il n’y a donc pas d’élus des Yvelines (78) et du Val d’Oise (95). Or, l’usine Seine aval est située dans le 78 et l’usine de Pierrelaye, qui est aussi gérée par le SIAAP, est dans le 95. Le Maire de Saint Germain a donc demandé l’ouverture du Conseil d’Administration du SIAAP. Le Président du SIAAP, M. Ouzoulias, favorable à  cette ouverture, a fait part de la volonté du Maire au Conseil d’Administration. Aujourd’hui, cette demande est à la réflexion des Présidents des Conseils Généraux constitutifs du SIAAP.

La pollution de la plaine de Pierrelaye

Cette terre contient de l’arsenic et des éléments de traces métalliques – communément appelés métaux lourds – dans des quantités supérieures à la norme. Cette pollution vient de l’épuration des eaux mais aussi du fait que l’on s’est servi de cette terre comme décharge. Afin de déterminer le meilleur comportement à adopter vis-à-vis de cette pollution, le SIAAP a fait appel à l’INRA. Selon eux, il faut absolument maintenir l’agriculture dans la plaine et continuer à irriguer pour garder les éléments métalliques dans la couche polluée. De cette façon, ils ne descendent pas dans la nappe phréatique. Le SIAAP à donc investi 15 millions d’euros pour installer un tuyau d’eau claire afin d’irriguer les cultures à Pierrelaye. Toutefois, seulement un tiers de cette plaine de 1850 hectares est irriguée.

Le SIAAP s’est également engagé avec la Région Ile-de-France, les Services de l'Etat, l'INRA et la DRIAF a développer des protocoles de suivi de la plaine.

Le classement SEVESO

L’usine Seine aval est classée, depuis le 18 juin 2004, SEVESO « seuil bas », c’est-à-dire que son activité présente des nuisances et/ou des risques importants. Ce classement est surtout dû au stockage de biogaz. En effet, environ 43 tonnes de biogaz sont stockées à Seine aval. A partir de 50 tonnes l’usine aurait été classé en « seuil haut », c’est-à-dire présentant des nuisances et/ou des risques très importants.

Le biogaz est obtenu lors de la fermentation des boues. Il est composé de deux tiers de méthane et d’un tiers de gaz carbonique ; c’est de l’énergie. Il permet à l’usine d’être autonome en énergie à 70%. Toutefois, le biogaz comporte un risque d’explosion. Mais la zone dangereuse ne concerne pas la population.

L’approvisionnement du SIAAP

Jusqu’à présent, les produits chimiques liquides étaient livrés par des semi-remorques (3600 par an). Aujourd’hui, les réactifs sont livrés par voie fluviale a raison d’environ 3 péniches par semaine. Cette diminution de la fréquence des livraisons permet d’une part de réduire les risques liés au déchargement et d’autre part de limiter le flux routier.

Le moment dangereux, dans les opérations de déchargement, est le dépotage, c’est-à-dire quand ce qui sert à transporter le produit et les tuyaux sont raccordés. Cependant, l’installation est sécurisée grâce, par exemple, à des bacs de rétention qui permettent d’éviter la pollution des milieux naturels ou encore grâce à des canalisations à double enveloppes qui conduisent les produits jusqu’à l’usine.

L’impact sanitaire

Des études relatives à la santé autour des usines d'épuration ont été faites en Italie, en Autriche, au Canada, aux Etats-Unis, en France. Aucune d'entre elles n'a jamais démontré de relation entre la station d'épuration et un risque de maladie sur la population, ni même sur les agents. De plus, une étude réalisée en 2001 par l'Agence de Veille Sanitaire, à Achères, sur 3000 personnes, a démontré qu'il n'y avait aucune pathologie particulière. Toutefois, selon un élu du Comité d'Hygiène et de Sécurité du SIAAP, des études faites dans les réseaux de la Section de l'Assainissement de Paris, ont montré que les nuisances subies par les égoutiers se ressentent également dans les stations. En fait, elles arrivent plus concentrées car elles ont été condensées pendant plusieurs kilomètres d'égouts. Mais selon le SIAAP, tout est mis en oeuvre pour que les conditions de travail s'améliorent et soient les plus respectueuses possible de la santé des agents. D'ailleurs, ces derniers travaillent avec le SIAAP sur ce thème.

Par ailleurs, le SIAAP souhaite confier, en 2008, une étude épidémiologique du site à l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail (AFSSET). C’est un organisme d’Etat, complètement indépendant, qui est un peu l’équivalent de l’AFSSA pour la Sécurité Alimentaire.

La déconcentration de Seine aval

Pour que la station d'épuration Seine aval atteigne de 1 500 000 m3/jour, le SIAAP va mettre en place plusieurs chantiers :

  • 2009 : doublement de Marne aval. 40 000 m3 d’eau seront détournés de l’usine Seine aval.
  • 2012 : construction de La Morée. Cela va délester Achères de 50 000 m3.
  • 2013 : Construction de la deuxième tranche des Grésillons. Cela représente 200 000 m3 en moins.

D’autres projets avaient été imaginés pour délester Seine aval :

  • Le projet du ru d’Enghien. A la base, le SIAAP pensait qu’il y avait 360 000 habitants susceptibles d’être raccordés. Finalement c’était plutôt 60 000 ou 70 000 habitants. Le débit pouvant être traité était de 20 000 m3, dont 10 000 m3 d’eau parasite. Ce projet ne permettait de détourner que 10 000 m3. De plus, construire une usine d’une si petite capacité était coûteux et compliqué. Ce projet a donc été abandonné.
  • Le projet du ru de Marivel. Il concernait 60 000 ou 100 000 m3, selon les versions. Cependant, la zone était en pleine réurbanisation et imposait des délais en terme de construction. Le SIAAP ne pouvant pas les respecter, le projet a été abandonné.
  • A l’usine de La Briche, à Epinay-sur-Seine, le SIAAP dispose de 3 hectares, dont environ 0,8 hectares est occupé par un terrain de loisirs pour les enfants. Un réservoir de stockage souterrain va être construit. La surface disponible restante pour l’usine est de 1 ou 1,5 hectares. Cet espace permettrait d’augmenter les capacités de l’usine d’environ 15 000 m3/jour. Ceci entraînera des coûts très importants, pour 15 000 m3 de moins sur Seine aval. Le projet a aussi été abandonné.


Faire passer l’usine Seine grésillons à 600 000 m3/jour. Pour l’alimenter, il aurait fallu construire un tuyau de 21 km de long et de 3 mètres de diamètre, ce qui aurait été très coûteux. En outre, avec la superficie dont le SIAAP dispose (27 hectares), il ne peut que la faire passer à une capacité de 300 000 m3. Pour atteindre 600 000 m3 il faudrait doubler la superficie disponible.

Tous ces projets ont donc été abandonnés pour des raisons techniques, financières, ou territoriales.

L’usine de Clichy

Clichy est un grand nœud de l’assainissement parisien. C’est là qu’arrivent de nombreux émissaires, et à chaque gros orage, il y a, à Clichy, des déversements très importants d’eau brute en rivière. Or, pour respecter la Directive Cadre Européenne, il ne faut plus qu’il y en ait. Donc, un bassin de stockage souterrain de 220 000 m3 va être construit.

A un certain moment, il a été projeté de construire une station de 90 000 m3/jour. Pour cela, il aurait fallu disposer de 7,2 hectares. Or, le SIAAP ne dispose que de 4 hectares, les zones alentours étant dédiées à des projets de la ville de Clichy et à des constructions déjà existantes.

La capacité de Seine aval

La compétence en assainissement appartient au maire. C’est lui qui décide de l’implantation d’une station d’épuration dans la collectivité. C’est aussi lui qui a compétence en matière d’urbanisme et donc d’imperméabilisation des sols. Certains maires non riverains d’une station d’épuration, et qui n’en subissent pas les conséquences, font un tuyau pour se raccorder au réseau dès qu’ils urbanisent.

De plus, aujourd’hui, en Ile-de-France, il y a très peu de communes où l’imperméabilisation diminue. Plus on bétonne, plus la quantité d’eau arrivant dans les égouts et dans les stations d’épuration augmente quand il pleut. Cette eau est polluée. Il faut donc l’épurer avant de l’envoyer dans le milieu naturel afin de ne pas polluer ce dernier.

Or, pour épurer toute cette eau, il faudrait beaucoup augmenter les capacités de Seine aval. Pour éviter ça, il faudrait une prise de conscience de l’ensemble de l’agglomération parisienne afin que des stations soient construites. Mais en attendant, le SIAAP n’a pas les moyens juridiques et légaux, d’imposer à une collectivité la construction d’une usine.

L’incinération

Dans un arrêté du mois de mai, article 8-2 « boues résiduaires », 6ème paragraphe, le Préfet autorise le SIAAP, en cas de problème, a mettre la boue soit en décharge, soit en incinération.

Une association souhaiterait que le mot incinération ne figure plus dans cet arrêté afin de concrétiser l’engagement oral du SIAAP. Mais ce dernier ne compte pas le faire. En effet, cet arrêté permet de pouvoir incinérer à l’extérieur du site en cas de grave problème. De plus, le fait de ne pas retenir l’incinération sur le site Seine aval a été clairement établi dans le dossier « du maître d’ouvrage », qui a été diffusé à plusieurs milliers d’exemplaires. En outre, des engagements écrits ont été pris à ce sujet.

<- Retour