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Synthèse de la réunion publique du 11 décembre 2007 sur " quels projets pour la plaine d’Achères et pour l’avenir de la station Seine aval ? "

12 décembre 2007 - Catégorie : Synthèse

Synthèse du débat public du 11 décembre 2007

Lors de ce débat sur le réaménagement de la plaine d’Achères,  plusieurs sujets ont été abordés.

Présentation des 3 projets

Pour étudier la refonte de Seine aval, le SIAAP a fait appel à 3 entreprises. Voici leur projet :

Le projet GECOM :

Dans ce projet, 70% de la pollution sera traitée par les biofiltres. Les 30% restants seront traités par ultra-filtration membranaire. Ce procédé fait appel à des membranes très fines permettant d’obtenir une eau de très bonne qualité.

En ce qui concerne le traitement des boues, la digestion sera reconstruite dans l’ancienne fouille d’Achères IV. Les unités de déshydratation et de séchage thermique prendront place à ce même endroit.

Le projet SEQUAVAL :

Les eaux seront traitées à 100% par des biofiltres.

La digestion des boues restera là où elle est, et il y sera accolé la déshydratation, l’oxydation par voie humide (OVH) – qui permet, à partir de la boue liquide, d’obtenir un sable –, et le séchage thermique – qui permet de faire de la valorisation externe (agronomique ou énergétique).

Le projet STEREAU :

70% de la pollution sera traitée par biofiltre. Les 30% restants seront traités par des procédés membranaires qui seront construits dans l’ancienne fouille d’Achères IV.

Le traitement des boues, composé de la déshydratation, de l’oxydation par voie humide et du séchage thermique, prendra place à côté des biofiltres. La digestion des boues sera conservée.

Dans tous les cas, le prétraitement va être complètement reconstruit. Les ouvrages de décantation ainsi que les ouvrages biologiques vont disparaître.

Selon les plannings des trois groupements, le prétraitement sera fini autour de 2013/2014 ; le traitement des eaux en 2015 ; le traitement des boues, en 2017-2018, et la refonte globale, vers 2020-2021.

Le choix du SIAAP se fera sur l’analyse du développement durable. C’est-à-dire que le SIAAP fera des bilans entre la consommation de réactifs chimiques, la consommation d’énergie électrique, le poids en termes de production de gaz à effet de serre, etc. Et il choisira le projet ayant le plus petit impact écologique.

Les premières conclusions du SIAAP et de ses partenaires (Agence de l’Eau, DIREN, Région Ile-de-France, etc.) à propos de ces projets sortiront vers la moitié de l’année 2008.

Les nuisances olfactives

Jusqu’à présent deux types de produits chimiques étaient utilisés pour essayer de limiter les nuisances olfactives. En 2008, un nouveau réactif beaucoup plus performant dans l’abattement des odeurs sera utilisé. Cette date marquera aussi le début de la désodorisation des décanteurs primaires avec une méthode qui utilisera des procédés biologiques et non plus des produits chimiques. Ce changement permettra d’obtenir de meilleurs rendements en matière de désodorisation.

En 2011, avec l’échéance de la DERU (Directive eaux résiduelles urbaines), le SIAAP va créer un ouvrage de traitement des jus de retour de boues. Le traitement des boues produit des jus odorants qui contiennent beaucoup de pollutions. Actuellement, ils sont remis sur la station pour les traiter, ce qui crée des problèmes d’odeur. En 2011, le SIAAP traitera ces jus séparément, ce qui permettra de réduire les odeurs de façon importante.

Le SIAAP modifiera aussi les dispositifs de gestion des boues. Pour ce faire, le SIAAP se dotera d’un système d’évacuation des boues « au fil de l’eau », c’est-à-dire que l’extraction des boues se fera au fur et à mesure de leur formation. De cette façon, elles ne stagneront pas, ce qui permettra d’éviter le dégagement d’odeurs.

En 2013, le prétraitement sera complètement reconstruit ce qui permettra d’éradiquer les odeurs de ce point de l’usine. L’échéance suivante sera la disparition des bassins biologiques qui sont aussi à l’origine de beaucoup d’odeurs.

Le respect de la DCE (Directive Cadre sur l’Eau) sur le plan du traitement des eaux est programmé pour 2015/2016. A cette date, tous les ouvrages à ciel ouvert auront disparu et auront été remplacés par de nouveaux ouvrages.

Enfin, vers 2017/2018, ce sera l’arrêt de l’actuelle usine de traitement des boues qui, génère aussi des mauvaises odeurs.

L’étang du Cora

A l’origine, l’étang existe grâce à une convention passée entre l’Etat et une entreprise qui extrayait des matériaux. Il a été constaté que plus les étés étaient secs et plus le niveau d’eau montait. Une étude a permis de voir que cet étang était alimenté par une nappe phréatique. Les eaux d’irrigation apportées par le SIAAP sur les terres agricoles renforçaient cette nappe phréatique et donc remontaient le niveau de l’étang du Cora. Or, depuis l’année dernière, l’irrigation sur les terres agricoles au Nord de l’étang ne se fait plus. Depuis, le niveau de l’étang ne fait que baisser. L’ONF (Office National des Forêts) a travaillé à l’élaboration d’un projet de réhabilitation du site. Cependant, les travaux sont freinés par la fait que le niveau « naturel » de cet étang n’est pas connu.

La forêt de Saint-Germain

C’est une forêt domaniale, c’est-à-dire que sa propriété et sa gestion appartiennent à l’Etat.
A l’heure actuelle, cette forêt est protégée par deux codes différents :

  • Le PLU (Plan local d’urbanisme), puisque c’est un espace boisé classé
  • Le code de l’environnement, car c’est une ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique).

Différents projets, tel que l’A 104, prévoyaient de traverser la forêt de Saint-Germain. Pour la protéger, la ville de Saint-Germain-en-Laye a demandé son classement en forêt de protection. En effet, ce classement permettra de rendre la forêt beaucoup plus imperméable à des projets d’aménagement que le classement en forêt domaniale.

Le devenir des 300 hectares restitués

Ils sont répartis sur 3 communes : Saint-Germain-en-Laye, Achères et Conflans-Sainte-Honorine.

La ville de Saint-Germain-en-Laye souhaite se porter acquéreur d’environ 150 hectares sur les 300 hectares restitués.

Trois types d’aménagement y sont envisagés :

  1. La restitution d’environ la moitié de ces 150 hectares à la forêt.
  2. La préservation de la biodiversité grâce à l’aménagement d’une zone humide sur une partie de ce terrain.
  3. Le reste pourrait être aménagé en plaine de jeux et de loisirs.

Il y a un accord de principe entre la ville d’Achères et celle de Saint-Germain sur l’implantation du PSG et de son club sur 23 des 300 hectares restitués. En effet, les contraintes techniques imposées par la FIFA n’autorisent plus le club à rester là où il est aujourd’hui. Ces 23 hectares sont principalement sur la commune de Saint-Germain, mais aussi partiellement sur la commune d’Achères.

Les villes de Saint-Germain et d’Achères travaillent aussi ensembles pour déterminer ce qu’il va advenir du sous-sol de ces 300 hectares. En effet, chaque mètre carré du sous-sol contient grossièrement 6 m3 de granulats. Aujourd’hui, l’hypothèse la plus avancée, c’est que la ville de Saint-Germain ouvre une carrière de granulats sur 100 hectares, avec une dizaine d’hectares appartenant à la ville d’Achères. Mais si cela se fait, ce ne sera pas avant plusieurs années.

Auparavant, ces endroits servaient à l’épandage des eaux brutes d’Achères. Ces sols sont donc pollués. Avant tout aménagement, il faudra donc procéder à une dépollution des sols.

La ville de Saint-Germain effectue des sondages pour savoir quel est le degré de pollution. Une dépollution totale qui consisterait à retirer l’intégralité des terres n’est pas envisagée car cela coûterait trop cher. Ce sont plutôt des techniques comme le confinement des terres, qui seront mises en place.

Le classement SEVESO

Il découle de la directive européenne SEVESO traduite dans le droit français en 2000. Entre 2000 et 2004, un débat a été organisé pour décider si le biogaz allait être classé « gaz naturel » comme le méthane (il ne fait pas l’objet d’un classement SEVESO) ou « autre gaz » (cela fait l’objet d’un classement). Il a été décidé qu’il serait classé comme « autre gaz ». Seine aval a donc été classé en SEVESO le 18 juin 2004. Etant donné que Seine aval en stocke moins de 50 tonnes sur son site, elle a été classée SEVESO seuil bas. Si le SIAAP devait passer en seuil haut, les contraintes supplémentaires seraient surtout une information plus rigoureuse du public sur les risques liés aux biogaz.

Les recommandations de l’INRA

De 2002 à 2004, une étude a été conduite par l’INRA sur la pollution des sols. Elle a abouti aux préconisations suivantes :

  • garder des cultures sur les sols pollués et, si possible, des cultures qui maintiennent un niveau de matière organique élevé dans les sols pour que les métaux lourds ne migrent pas vers les nappes phréatiques ;
  • réaliser des cultures destinées à des fins non alimentaires comme les cultures pour les biocarburants.
  • d’éviter la création de forêts ou d’espaces récréatifs avant d’avoir réalisé des études sur la présence de micro-organismes pathogènes dans les sols.

Cependant, la ville de Saint-Germain-en-Laye, ne souhaite pas que ces terrains soient classés en zone agricole. Elles préfèrerait qu’ils soient redonnés à la forêt, qu’ils soient transformés en zone humide et en plaine de jeux.

Le traitement du phosphore

Il est très difficile d’éliminer la pollution phosphatée par la voie biologique. Pour que des bactéries éliminent le phosphore, il faut les mettre dans un bassin où elles sont privées d’air. Ces conditions de stress respiratoire les obligent, pour ne pas mourir, à mettre en place un système de survie dans lequel elle relargue le phosphore qu’elles contiennent. Puis, elles sont mises dans des bassins contenant de l’oxygène et de la nourriture. Ensuite, elles sont placées dans un bassin contenant des eaux riches en phosphore. Là les bactéries consomment deux à cinq fois plus de phosphore que la quantité qui leur est nécessaire pour se reproduire. Puis, il faut les enlever. Si ce n’est pas fait assez vite, elles vont relarguer le phosphore. Et quand il pleut, la qualité de l’eau et l’efficacité de la déphosphatation biologique s’effondre. Le SIAAP utilisera donc des produits chimiques pour traiter le phosphore afin d’atteindre les exigences de qualités imposées au SIAAP.

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