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Synthèse de la réunion publique du 4 décembre 2007 sur " la réorganisation du site Seine aval "

04 décembre 2007 - Catégorie : Synthèse

Lors de ce débat ayant pour thème « la réorganisation du site de Seine aval », plusieurs points ont été abordés.

Les objectifs du SIAAP pour la refonte de Seine aval

Ils sont multiples :

  • -Faire une usine axée sur le développement durable. Pour cela, le SIAAP produira 70% de l’énergie dont il a besoin grâce au biogaz, à l’énergie solaire, et à l’énergie hydraulique. Il utilisera également des modes de transport non polluants (transport fluvial, utilisation de véhicules électriques).
  • -Faire une usine sans nuisance qu’elles soient visuelles, auditives ou olfactives. D’ailleurs, les nuisances du chantier de Seine aval seront limitées grâce à des horaires drastiques, la réutilisation de matériaux de construction pour limiter le transport des matériaux, etc.
  • -Faire une usine verte qui sera intégrée dans un écrin forestier grâce à une zone de transition paysagère située autour de l’usine. Elle comprendra des boisements, des zones humides, et des prairies fleuries. Au total, ce sont 100 000 arbres qui seront plantés. Il y aura aussi, sur les bâtiments de l’usine, des toitures végétalisées qui seront plus agréable a voir.
  • -Faire de Seine aval un espace de vie qui comprendra, entre autre, un centre de formation pour les agents du SIAAP, une crèche pour les enfants du personnel, des locaux pour les différentes œuvres sociales et les représentants du personnel, etc. Cette station sera également ouverte à l’Education nationale et aux jeunes, en relation avec les maires.
  • -Diminuer le périmètre du SIAAP. Il passera de 900 hectares à 600 hectares. Les 300 hectares ainsi libérés seront rendus à leur propriétaire : la ville de Paris. Dans les 600 hectares, 200 hectares seront consacrés à la zone opérationnelle (elle contiendra toutes les unités de dépollution) et les 400 hectares seront dédiés à la zone de transition.

La Directive Cadre sur l’Eau (DCE)

Avec la DCE, on passe d’une logique d’obligation de moyens à une obligation de résultats. C’est-à-dire que le milieu naturel ne doit pas être dégradé. Les niveaux de rejets définis pour les stations dépuration doivent donc permettre d’atteindre le bon état écologique. Pour ce faire, Seine aval ne devra pas rejeter plus de 10 mg/l de matière en suspension, 10 mg/l de DBO5 (Demande Biologique en Oxygène, c’est la quantité d'oxygène nécessaire pour oxyder les matières organiques biodégradables par des bactéries), 50 mg/l de DCO (Demande Chimique en Oxygène, c’est la consommation en oxygène par les oxydants chimiques forts pour oxyder les substances organiques et minérales de l'eau) et 0,5 mg/l d’azote ammoniacal.

Sur les 29 pays de la communauté européenne, 11 pays sont en contentieux sur la DCE. La France n’en fait pas partie : elle est en avance dans sa mise en œuvre.

Le débit de Seine aval

Après la refonte, Seine aval traitera 1,3 million de m3 par jour de temps sec ; 1,5 million de m3 étant la moyenne annuelle incluant tous les jours de temps de pluie. Ce débit a été calculé sur les bases de l’évolution prévisible de la population, de la consommation en eau des habitants, et sur la connaissance des autres usines d’épuration (leurs capacités, les systèmes de raccordement). Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la capacité de la station d’épuration n’est pas dimensionnée uniquement sur le volume, mais aussi, et surtout, sur la charge. Donc, même si la quantité d’eau usée arrivant à la station diminue, le poids en azote, en phosphore, et en carbone sera toujours le même tant que le nombre d’habitants restera stable. Ainsi, si la population s’en va hors du territoire du SIAAP, la charge diminuera. Par conséquent, les aménagements nouveaux susceptibles de ramener des populations fortes devront se doter de leurs propres outils d’épuration pour ne pas surcharger Seine aval.

La valorisation des boues

Il y a plusieurs débouchés possibles :

  • -La valorisation énergétique par la fabrication de biogaz.
  • -La mise en place d’un procédé d’oxydation par voie humide qui permet de récupérer des sables qui peuvent être valorisés.
  • -La valorisation agronomique (agricole, forestière, reconstitution de sol).
  • -La valorisation thermique de boues séchées à l’extérieur du site vers des cimenteries, des centrales EDF
  • -La valorisation vers des usines capables de transformer ces boues en matériaux de construction.

Le SIAAP mettra en œuvre une solution qui ne couvrira pas 100% du poids de boues produites mais 140-150%. De cette façon, en cas de défaillance ou d’évolution réglementaire (interdiction de la valorisation agronomique des boues par exemple), le SIAAP pourra de suspendre cette valorisation et orienter les boues vers d’autres procédés.

La conception de Seine aval

Les équipements de Seine aval seront redondants. Donc, même s’il y en a un qui tombe en panne, les autres fonctionneront toujours. De plus, le SIAAP appliquera le principe du cloisonnement pour que l’arrêt momentané d’un équipement ne dégrade pas le reste du fonctionnement.

En effet, si Seine aval s’arrêtait, les autres usines ne pourraient pas reprendre toutes les eaux qui viennent à Achères, même au plus fort de leurs capacités. En outre, même si les autres usines pouvaient reprendre une grande partie des eaux, elles ne pourraient pas toutes aller vers les autres usines, car l’eau coule suivant la pente des ouvrages et les cinq émissaires se dirigent vers Seine aval. Donc, de toute façon, une grande partie des eaux arrive à Seine aval, quelle que soit la capacité de traitement à l’amont. Il ne faut donc pas que Seine aval s’arrête.

Le scénario C

A l’origine, Seine aval devait atteindre un débit de 2,7 millions de m3. Suite aux demandes des associations locales et au travail des élus locaux, Michel Rocard, Premier Ministre à l’époque, a décidé d’arrêter l’usine à 2,1 millions de m3. En 1992, le SIAAP a fait un schéma directeur intégrant cette capacité. Dans le même temps, il a proposé l’installation de la clarifloculation à 45 m3/s pour traiter la pollution en temps de pluie. Cette proposition a généré quelques conflits avec les riverains et leurs représentants. Dans un objectif d’apaisement, Michel Barnier, alors Ministre de l’Environnement, a annoncé que l’Etat lancerait une étude de schéma d’assainissement de l’ensemble de l’agglomération parisienne. Il a confié cette étude à l’Agence de l’Eau Seine Normandie. Cette étude a démarré en 1996 et a durée deux ans. Elle a examiné quatre scénarios : A (à 2 100 000 m3/jour), B (à 1 500 000 m3/jour), C (à 1 500 000 m3/jour) et D (à 900 000 m3/jour). Après évaluation de l’impact sur le milieu naturel, des coûts, etc., c’est le scénario C qui a été retenu.

Afin de préciser le devenir d’Achères, il fallait réaliser une étude plus détaillée sur cette usine. L’Etat a de nouveau confié cette étude à l’Agence de l’Eau Seine Normandie. Celle-ci s’est déroulée de 1999 à 2000 et est partie des conclusions du scénario C. Par conséquent, tout ce qui a découlé de cette étude sur le devenir d’Achères est basé sur un débit de 1,5 million m3. A l’issu de cette étude il y avait deux possibilités pour Achères : le réaménagement de Seine aval ou la reconstruction complète. C’est cette dernière qui a été retenue.

Compte tenu de l’évolution du contexte réglementaire, il était devenu nécessaire d’actualiser le scénario C. Cela a été fait entre 2003 et 2007.

Les plaintes des riverains

Lorsqu’un riverain se plaint des odeurs, une lettre type est envoyée dès le lendemain. Cette rapidité fait partie des règles qui sont imposées au SIAAP dans le cadre de l’observatoire de l’environnement de Fromainville. Par cette lettre, le SIAAP prend acte du fait qu’il a reçu la plainte et qu’il l’enregistre. L’évolution de ces plaintes est l’un des indicateurs de l’évolution des nuisances.

Ensuite, le service de l’environnement effectue un travail en relation avec la Direction du site pour déterminer la cause des nuisances.

Quelques semaines ou mois après, selon les problèmes, un courrier expliquant l’origine des problèmes et les mesures mises en œuvre est envoyé au plaignant.

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